Rester soi : un acte de résistance

Quand les injonctions deviennent trop bruyantes


Ces derniers jours, j’ai beaucoup parlé de fatigue, du besoin de ralentir.
De cet entre-deux un peu flou entre les fêtes et la reprise,
où tout redémarre sans vraiment repartir.

Ce temps suspendu, on l’a observé ensemble.
Sans chercher à le corriger.
Juste à le comprendre.

Et puis, en filigrane, une question revient souvent :
comment rester soi dans ce mouvement qui repart ?
Comment ne pas se laisser happer, encore une fois,
par des injonctions à faire, à être, à penser comme il faudrait ?

Dans le travail, et particulièrement dans la recherche de jobs,
les certitudes sont nombreuses.
Sur la bonne manière de se présenter,
Sur ce qu’il vaudrait mieux dire ou taire,
Sur les codes à adopter pour “entrer dans le moule”.

Ce que j’observe, en accompagnant des personnes en recherche,
ce n’est pas un besoin de plus de consignes.
C’est surtout un besoin de reconnaissance de ce qu’elles sont.

Je vois combien les choses avancent
quand leur singularité est respectée, leur différence.
Quand elles peuvent parler de leur parcours avec leurs mots,
sans se forcer à entrer dans un cadre qui ne leur ressemble pas ou plus.
Quand ce qu’elles savent faire est entendu,
mais aussi ce qu’elles ne souhaitent plus faire.

Dans un monde professionnel en mutation permanente,
où les repères bougent sans cesse,
je crois de plus en plus
qu’il n’existe pas de modèle unique à suivre.

Il y a des trajectoires, des rythmes, des manières d’être au travail
qui méritent d’être accueillies telles qu’elles sont.

Pas comme une règle, pas comme une méthode.
Plutôt comme une posture.

Respecter l’autre dans toute sa différence,
sans chercher à le convaincre,
sans lui imposer une vision du monde.

C’est peut-être là que se joue aujourd’hui
une forme de liberté professionnelle plus juste.

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