Quand on arrête de faire semblant d’aller bien


Déposer. Respirer. Continuer autrement.

*Et toi, dis-moi cette année, elle t’a laissé comment ?
- Fatigué·e.
*Ha oui, à ce point-là ?
- Oui… à force de prouver.

Prouver après les réponses négatives.
Prouver après les silences des recruteurs.
Prouver quand personne ne répond.
Prouver encore, semaine après semaine, à coups de relances.
Prouver en entretien que oui, on peut. Que oui, on est la bonne personne. Que oui, on mérite qu’on nous fasse confiance.

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Toute l’année, on a tenu, on a encaissé, on a attendu. Parfois trop longtemps. Avec cette tension constante : ne rien lâcherne rien montrerne pas flancher.

* Et dis-moi, aujourd’hui tu te sens comment ?
- Aujourd’hui, j’accuse le coup.
* Et ça donne quoi ça ?
- Je fais tomber le masque.

Juste pour aujourd’hui. Laisse-toi la possibilité de ne rien prouver, ne rien défendre, ne rien justifier. Victor Hugo disait, que le courage commence quand on accepte d’être soi, sans fard. Tu sais, pas fort non, pas irréprochable, non non, juste humain tu vois ?

* Et si tu ne prouves rien, il se passe quoi ?
- Je respire.
* Et après ?
- Après… on verra.

Ecoute, parfois, c’est là que la tension lâche. Et c’est là que quelque chose de plus juste peut enfin apparaître. Alors si aujourd’hui tu regardais un film ou un livre qui déclenche des émotions, voire même des larmes en le regardant ou en lisant.

Tu sais, parfois, quand tout fait trop de bruit autour, j’ai l’impression qu’il faut juste s’arrêter et écouter le silence. Et se rappeler que ce qui nous tient debout est souvent bien plus profond que toutes nos peurs.

Et toi, dis-moi : si aujourd’hui tu t’autorisais le droit de ne rien prouver, qu’est-ce que ça changerait ? Si tu faisais comme le chante si justement Ben Mazué : Stop allez, ça y est j’arrête de penser, de me presser, stop allez, je vais courir, je vais marcher, je vais sourire…

Illustration : Christophe Boisson

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