“À FORCE DE VOULOIR ÊTRE ‘LE BON PROFIL’, TU RISQUES DE DISPARAÎTRE”

Ce que "Cité de verre" de Paul Auster  m’a fait comprendre sur le travail, l’identité… et le moment où tout bascule sans bruit

Je viens de terminer Cité de verre. Et je ne pensais pas refermer ce livre avec cette sensation-là : celle de voir, en filigrane, beaucoup de trajectoires professionnelles.

Le rôle qui commence comme une stratégie… et qui finit par t’absorber

Dans le roman, Quinn accepte une mission “comme si”. Comme un jeu. Une posture. Une possibilité.

Et ça m’a frappée, parce que dans la vraie vie, on fait exactement pareil.

  • On ajuste son discours.
  • On devient “le bon profil”.
  • On apprend à incarner ce que le marché attend de nous.

Au début, c’est lucide. C’est maîtrisé. C’est même nécessaire. Puis il y a un moment, discret, presque invisible, où ça bascule. Tu ne joues plus un rôle… tu deviens ce rôle

Quand la quête prend toute la place

Quinn s’enferme dans sa mission. Il n’y a plus que ça. Et là encore, difficile de ne pas faire le parallèle.

  • La recherche d’un job qui devient obsessionnelle.
  • Les candidatures envoyées sans respiration.
  • L’attente d’une réponse qui conditionne ton état intérieur.

 Toute ton énergie est captée par un objectif unique. Et toi, au milieu… tu t’effaces

L’identité qui se fragmente

À un moment, Quinn n’est plus vraiment Quinn. Dans les parcours créatifs, je vois souvent cette bascule :

  • “Je suis qui si je ne suis pas ce projet ?”
  • “Est-ce que je vaux quelque chose sans validation extérieure ?”
  • “Est-ce que je suis encore moi… ou juste une fonction ?”

Quand ton identité repose uniquement sur ce que tu fais, elle devient extrêmement fragile

Le moment silencieux (et dangereux)

Ce qui m’a le plus marquée dans la fin, ce n’est pas un effondrement brutal. C’est un effacement lent. Dans la vraie vie, ça ressemble à :

  • une fatigue que tu n’expliques pas
  • une perte d’élan
  • une impression de tourner à vide
  • une déconnexion de ce qui t’animait au départ

Rien de spectaculaire, mais quelque chose s’éteint doucement

Le vrai enjeu

Dans le roman, Quinn ne revient pas. Dans la réalité, heureusement, on peut encore agir. Revenir à soi… avant de revenir à une stratégie. Pas en rejetant les codes du monde professionnel. Mais en gardant une frontière claire. Je joue un rôle… mais je ne suis pas que ça. Je poursuis un objectif… mais il ne me définit pas entièrement. Je m’adapte… sans me perdre.

À garder en tête

Un rôle peut t’ouvrir des portes. Mais s’il devient ton seul point d’ancrage, il finit par te faire disparaître. C’est exactement ce point-là que j’ai envie d’ouvrir dans mes prochaines interventions. Parce que derrière les CV, les entretiens et les stratégies… il y a aussi une question beaucoup plus intime : comment avancer sans se perdre ?

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