Depuis bientôt vingt ans, j'accompagne des étudiants et des professionnels des médias dans leur recherche de stages, d'alternances, d'emplois et de nouvelles opportunités.
Pendant toutes ces années, j'ai vu le marché évoluer. Les candidatures se dématérialiser. Les réseaux sociaux prendre une place considérable. L'intelligence artificielle bouleverser les façons de travailler. Comme je l'ai toujours fait, j'ai adapté mes accompagnements pour donner à chacun les meilleurs outils possibles.
Mais depuis quelques mois, quelque chose a changé.
Ce n'est plus seulement le marché de l'emploi qui m'interpelle.
Ce sont les personnes que j'accompagne.
Le mot que j'entends le plus souvent est devenu : « détresse »
Depuis plusieurs mois, lors de mes coachings, un même mot revient, encore et encore. La détresse. Oui vous avez bien lu. Je l'entends chez des étudiants qui commencent à peine leur vie professionnelle. Je l'entends chez des journalistes, des techniciens, des réalisateurs qui exercent depuis parfois vingt ans. Je vois des personnes compétentes commencer à douter d'elles-mêmes. Je vois des femmes et des hommes qui finissent par croire qu'ils ne valent plus grand-chose parce qu'ils n'obtiennent aucune réponse.
Ce ne sont pas les refus qui les abîment le plus. Ce sont les silences. Les candidatures qui disparaissent sans un mot. Les relances qui restent sans réponse. Le sentiment de ne plus exister.
À force, ces absences de considération finissent par attaquer quelque chose de beaucoup plus profond : l'estime de soi.
J'ai compris que je ne pouvais plus accompagner uniquement les candidatures
Pendant longtemps, j'ai cherché les meilleures stratégies pour aider chacun à décrocher un entretien. Aujourd'hui, je me rends compte qu'une autre question est devenue tout aussi essentielle.
- Comment tient-on émotionnellement quand la recherche d'emploi dure des mois ?
- Comment continuer à croire en soi quand personne ne répond ?
- Comment préserver son énergie quand il faut sans cesse recommencer ?
- Comment ne pas laisser le marché décider de notre propre valeur ?
Ces questions, je ne peux plus les laisser de côté.
C'est aussi pour cela que je me suis engagée dans une formation en art-thérapie
Depuis plusieurs mois, je me forme à l'art-thérapie. Non pas pour changer de métier. Mais parce que cette formation fait profondément écho à ce que j'observe chaque semaine.
Notre métier est un métier de création. Nous racontons des histoires. Nous écrivons. Nous filmons. Nous photographions. Nous montons. Nous dessinons parfois des projets avant même qu'ils existent. Nous créons du sens.
Alors je me suis demandé : quoi de plus naturel que de passer par l'art, sous toutes ses formes, pour accueillir et traverser les émotions que génère aujourd'hui notre vie professionnelle ?
Le mouvement.
L'écriture.
La parole.
Le dessin.
La musique.
Toutes ces formes d'expression permettent parfois de dire ce que les mots seuls n'arrivent plus à raconter.
Je découvre chaque semaine combien elles peuvent aider à retrouver de l'élan, à prendre du recul, à remettre du mouvement là où tout semblait figé.
Une nouvelle étape pour PAF&CO
Cette réflexion ouvre naturellement une nouvelle page. PAF&CO continuera d'accompagner celles et ceux qui souhaitent trouver un stage, une alternance, un emploi, développer leur réseau ou faire évoluer leur carrière. Mais j'ai envie d'aller plus loin. Dans les prochains mois, je proposerai progressivement de nouveaux formats.
Des groupes de partage.
Des ateliers d'expression.
Des expériences mêlant mouvement, créativité et réflexion. Nous avons commencé vendredi et quel beau moment de partage !
Des temps où l'on pourra déposer ce que la recherche d'emploi fait vivre intérieurement.
Pas pour apprendre à être positif à tout prix. Pas pour donner des leçons. Simplement pour retrouver des ressources lorsque le marché de l'emploi les épuise.
Au fond, ma mission reste exactement la même
Quand je regarde mon parcours de journaliste, de réalisatrice, de formatrice et aujourd'hui cette nouvelle formation, je réalise qu'il existe un fil rouge. J'ai toujours cherché à donner la parole à celles et ceux que l'on entend peu. À créer des espaces de rencontre. À transformer des expériences parfois difficiles en quelque chose d'utile.
Aujourd'hui, ce fil rouge prend simplement une nouvelle forme. Je continuerai à accompagner les candidatures. Mais je veux aussi accompagner les personnes qui les envoient. Parce qu'avant de retrouver sa place dans une rédaction, une entreprise ou un projet, il est parfois nécessaire de retrouver sa propre place en soi.
Et il me semble que, dans cette période si particulière que traverse notre profession, ces deux accompagnements sont maintenant indissociables.
Et maintenant ?
Je ne prétends pas avoir toutes les réponses.
Je sais simplement qu'aujourd'hui, aider quelqu'un à trouver un emploi ne suffit plus. Il faut aussi l'aider à traverser cette période sans perdre ce qui fait sa force : sa confiance, sa créativité, son envie d'avancer.
C'est cette conviction qui guidera les prochains mois.
Je continuerai à proposer des outils concrets pour décrocher un stage, une alternance, un emploi ou développer son activité. Mais j'ouvrirai aussi progressivement des espaces où l'on pourra marcher, créer, partager, réfléchir, respirer… et retrouver un peu d'élan lorsque le marché de l'emploi nous met à l'épreuve.
Parce que derrière chaque candidature, il y a une personne. Et qu'aucun silence, aussi long soit-il, ne devrait lui faire oublier sa valeur.
J'espère vous retrouver bientôt lors de ces nouvelles rencontres. Des rencontres pour avancer professionnellement, bien sûr. Mais aussi, tout simplement, pour avancer ensemble.
Myriam de Paf&co

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